Frère cadet de Paul mon grand-père, Marcel DUCLOS est né en 1891 à Toulon où il fit ses études.

Ses débuts furent brillants :
à 18 ans, en 1909, il est l'auteur d'un mémoire remarqué qui lui vaut la Médaille d'Honneur de la Société des anciens défenseurs de Belfort.

A 22 ans en 1913, il est reçu N°1 au concours de Rédacteur, de la Préfecture de la Seine. Il prend ses grades et devient successivement Docteur ès Sciences Juridiques, puis Docteur ès Sciences Politiques et Économiques.

De 1914 à 1918, il fait la guerre. Il est blessé quatre fois : il a les pieds gelés. Il y gagne la Croix de Guerre et la Légion d'Honneur. Il en revient officier.

De 1919 à 1921, il est Chef du Secrétariat du Gouverneur Général de l'Algérie. C'était son premier contact avec l'Algérie. Il s'y fixe. Il devait plus tard y créer son foyer.

En mai 1920, il prête le serment d'avocat devant la Cour d'Alger. Après un stage au Barreau d'Alger, il va s'inscrire au Barreau de Mostaganem ; il y fut membre du Conseil de l'Ordre.

De septembre 1923 à janvier 1929, il a exercé les fonctions d'avoué près le Tribunal de Tiaret, ensuite près celui de Blida où, durant les années 1927, 28 et 29, il fut syndic des avoués. En janvier 1929, il donna sa démission pour convenances personnelles.

Il retourne à sa profession première et il fait partie de l'Ordre des Avocats de Blida.

En 1929, il est élu Délégué Financier. Dans l'Assemblée dont il était désormais membre, il se distingua successivement comme rapporteur général du budget de l'Algérie au cours des années 1930 à 1938, et comme Président de la Commission des Finances des Délégations financières, en 1938. Il en était le Vice-Président en 1935-1936. Entre temps, il était élu Conseiller général de Boghari.

Depuis 1934 il siégeait au Conseil supérieur du Gouvernement de l'Algérie ; il fut Président de cette haute assemblée de 1935 à 1936.

Homme d'étude autant que d'action, il publie de nombreux ouvrages sur le droit et sur l'Économie Algérienne. Ainsi, il prépara et obtint le certificat de législation algérienne et de Droit musulman. Dans cette dernière branche, il acquit vite une incontestable compétence. Entre autres ouvrages, il publia en 1940 un "Précis élémentaire de Droit musulman".

En 1940, la France est frappée !

Peu de temps après il devait être déchu de tous ses mandats par le gouvernement de Vichy, même de celui de Président de la Commission administrative de l'Hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, dont il avait fait admettre la création par les Délégations Financières ; même de celui de professeur bénévole de l'École d'Assistantes Sociales fondée par l'Office algérien de Médecine préventive et d'Hygiène dont il était devenu le Président et où il enseignait le Droit.

En 1942, après le débarquement des alliés, animé par sa foi en la Patrie, il rejoint en qualité de volontaire le Corps Franc d'Afrique qui vient de se créer. Il a 51 ans !

Capitaine Marcel Duclos
Capitaine Marcel Duclos
du Corps Franc d'Afrique

Les armes françaises sont victorieuses.

En 1943, sur proposition du Préfet d'Alger, M. Muscatelli, Marcel Duclos est désigné par M. le Général d'Armée Catroux, Gouverneur général de l'Algérie, pour présider une nouvelle Délégation spéciale de la Ville d'Alger.

Le 14 septembre 1943, le Général CATROUX, Gouverneur Général de l'Algérie venait en visite à l'Hôtel de Ville.
Il était reçu par le Président Duclos et toute la Délégation spéciale de la Ville d'Alger. A cette occasion se renouait une tradition, celle du Livre d'Or de la Cité, qui depuis plusieurs années était resté fermé. Le général y apposa sa signature.

 

 

La Délégation Spéciale de la Ville d'Alger
La Délégation Spéciale de la Ville d'Alger

Assis au premier rang, de gauche à droite :
  MM. LEBAR, DALLONI, VILLENEUVE, Président DUCLOS, LEGENDRE, Dr MURAT, GARDEL ;
Au deuxième rang, de gauche à droite :
  MM. KATEB, Dr GAUTHIER-SALIEGE, BOU-MEDINE, ZOUAI, OUZEGANE, ZANNETACCI, Dr TAMZALI, KERDAVID ;
Au troisième rang, de gauche à droite :
  MM. HADDOU, MICHEL, ALAZARD, PROUTEAU, HARANG, DUPUCH, CLARO, RIME.
Depuis l'époque où fut fait ce cliché des Délégués nouveaux ont été nommés, ce sont :
  MM. ARTIERES, ESTELLE, Dr MORALI, ZERDAD, GARCIA, SOUALAH.

 

En décembre 1943, ses collègues du Conseil Général le désignent pour représenter ce département à l'Assemblée Consultative provisoire. Quelques mois plus tard, il était élu, ou plutôt réélu Président des Délégations Financières.

Le 26 mars 1944, le Général de Gaulle honorait de sa visite la Délégation Spéciale. Marcel Duclos fut, dès les premiers jours, un fervent admirateur de celui qu'on a nommé le "Premier Résistant". Dans ce discours, Marcel Duclos laisse percer son esprit de conciliation, de bonté et de tolérance. Ce sont ces qualités alliées à une indulgente justice qui l'ont fait apprécier et aimer de tout le personnel municipal dont il s'est tout spécialement occupé et dont il n'a cessé de chercher à améliorer la situation.

Après la cérémonie à l'Hôtel de Ville, l'assistance se rendit devant le Palais de Justice où l'on procéda à l'inauguration de la rue "Colonel Jean Colonna d'Ornano" un héros de la "dissidence" tombé à la tête de ses troupes, à Mourzouk, ayant devant lui un ennemi qui n'aurait jamais dû être celui de la France.

Le 14 juillet 1944, dans une atmosphère frissonnante de Victoire et de Libération, au milieu des troupes alliées et françaises, en présence du Général de Gaulle Président du Gouvernement Provisoire de la République, revenu la veille même d'un long voyage en Amérique où il parla éloquemment au nom de la France ; des Ambassadeurs ; des Commissaires de la Libération Nationale, Marcel Duclos inaugura l'apposition d'une plaque qui, désormais, consacrera le souvenir de ceux tombés au "Plateau des Glières". C'est ainsi que sera désignée, à partir de ce jour, la partie inférieure du Square Laferrière, en bordure du Boulevard Baudin.

Alger, le Plateau des Glières et le Monument aux morts
— Alger, le Plateau des Glières et le Monument aux morts —

Le 30 décembre 1944, il avait pris place dans l'avion qui devait le conduire à Paris où il devait soutenir devant l'Assemblée Consultative le projet du budget de l'Algérie récemment adopté par les Délégations Financières.

Les conditions atmosphériques n'étaient pas favorables. Le départ s'effectue cependant.

Deux heures après, l'avion et ses passagers étaient portés disparus !

Parmi les télégrammes et messages de condoléances ceux :

— Du Général de Gaulle ; du Ministre des Finances et du Président de l'Assemblée Consultative Provisoire.


— De M. Soualah, au nom des membres Musulmans de la Délégation spéciale d'Alger.


— Du Préfet et du Maire de la Ville du Havre dont Alger était la Marraine.

 

... Une rue d'Alger porte toujours le nom de "Marcel DUCLOS"

 


"L'arrière est souvent trop préoccupé de problèmes qui ne sont pas encore de saison. Le premier problème pour vous qui ne l'oubliez pas, pour nous qui l'oublions trop, c'est la guerre - et, au bout de la guerre, la Victoire et la Libération. Nous lisons les journaux - nous suivons votre avance - tu me connais assez pour savoir que je frémis quelquefois d'impatience. Si pleine que soit ma journée, tu le sais aussi, il me semble souvent qu'elle est creuse au regard de ce que vous faites, plus simplement, héroïquement, sans bruit. Pour tout dire je t'envie de tout mon coeur, j'étais bien plus heureux, oh ! combien, lorsque j'étais au Corps Franc d'Afrique !..."

 

 

— De Jean McIver Les "Long Range Desert Groups Photographs" : photos du raid de Mourzouk.

— De Jean Soupene Mourzouk

 


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